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Mahdia, la ville écrin
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Dans quelle ville
de Tunisie trouve-t-on rassemblés, comme dans un
mouchoir, ruines monumentales et barques multicolores,
mosquée millénaire et forteresse de pirates,
tissage d'or et de soie halle aux poissons, minarets ottomans
et cafés de pêcheurs ? à Mahdia.
Médina bâtie à fleur de rocher sur
une minuscule presqu'île, Mahdia fut d'abord une
citadelle interdite, première capitale de la dynastie
des califes fatimides, avant d'être abandonnée
au profit du Caire. Elle devint |
| alors un port comme tant d'autres
sur le pourtour méditerranéen, ouvert à
toutes les conquêtes et toutes les influences. Normands
de Sicile, chevaliers de Malte, Génois et Espagnols
l'ont marquée de leur empreintes. |
L'ancienne capitale
des Fatimides vit aujourd'hui au rythme de la pêche.
Comment oublier ce passé singulier lorsqu'on visite
l'ancienne ville ? On tourne le dos au port de pêche,
le deuxième du pays, pour se trouver face à
l'imposante Skifa Kahla, la " porte noire "
de l'ancienne citadelle . On en franchit le long vestibule,
oppressé par l'étroite voûte de pierre,
et quelques enjambées plus loin, la place du Caire
étale sa nonchalance toute méditerranéenne
sous un toit de verdure. On contourne la masse |
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| austère de la grande
Mosquée, reconstituée sur le plan de l'édifice
fatimide, et l'on aperçoit, glissant au pied des
rochers sur une mer de saphir, de simples barques de pêcheurs
qui évoquent aussi bien Malte. Et à la pointe
extrême, entre la forteresse turque et la porte
des conquêtes, orgueilleuse ruine dressée
dans l'eau, s'étend l'émouvant cimetière
marin, des femmes y reposent, ensevelies selon la tradition
dans l'habit de soie, or et argent de leur marige. |
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